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Municipales 2008, avec Dominique Voynet et Mouna Viprey, c'est ici

ECONOMISEZ L’EAU DU JARDIN

Les anciens avaient un dicton :"Deux binages valent un arrosage". Pas tout à fait exact ! Mais il est juste qu’un sol travaillé en surface freine l’évaporation tout autant qu’il maintient la terre propre en la débarrassant des plantes indésirables, des mauvaises herbes, qui puisent, elles aussi, ce dont elles ont besoin pour se développer dans le sol.


-  Le jardinier qui, il y a quelques années encore, pouvait se permettre de laisser son tuyau couler sans trop se préoccuper de sa consommation d’eau y regarde désormais à deux fois vu le prix de ce qui est devenu un nectar. Il fait d’autant plus attention qu’il a un comportement responsable et que des arrêtés municipaux et préfectoraux lui intiment de ne pas arroser son jardin.

Il y a quelques astuces qu’un jardinier, aussi soucieux de ses deniers que d’une attitude responsable vis-à-vis de la collectivité, se doit de connaître et d’appliquer pour ne pas gaspiller l’eau du ciel, de son puits ou du robinet:

A la campagne ou dans la banlieue des grandes villes, il faut réellement penser à investir dans des réserves d’eau de grande contenance. Branchée sur la gouttière, une citerne d’un mètre cube récupérera l’eau à chaque pluie. Un robinet permet d’en soutirer le contenu à volonté. Le système D des anciens n’est plus tellement à l’ordre du jour qui consistait à recycler des bidons et des fûts métalliques plus ou moins cachés dans un coin du jardin, comme on pouvait en voir dans les jardins ouvriers ou à la campagne.

Il faut également sérieusement songer à faire vider une ancienne fosse septique ou dite "toutes eaux" inutilisée depuis le branchement au tout-à-l’égout. Après l’avoir retrouvée, il faut la faire vider, investir dans une petite pompe pour en tirer l’eau de pluie qu’on y conduira en branchant une descente de gouttière dessus.

Voilà pour les solutions qui consistent, à peu de frais, à ne pas laisser toute l’eau du ciel partir par profits et pertes : il ne s’agit pas de puiser de l’eau dans une source mais de différer son utilisation dans le temps et ainsi de ne pas prélever d’eau de ville pour arroser ses plantes.

Il y a maintenant des solutions plus radicales. Ne pas arroser du tout son jardin à fleurs et laisser faire la nature de façon que la sélection naturelle joue à plein. Et toujours privilégier la plantation d’arbres et arbustes à l’automne plutôt qu’au printemps, voire en été, ce que la plantation de végétaux cultivés en conteneur a promu depuis des années.

Ne pas arroser son jardin! Certaines plantes, comme les rosiers, s’en portent très bien dans la majeure partie de la France, ainsi que nombre de vivaces comme les pivoines, les iris, les joubarbes par exemple. Le temps fera lui-même son choix. Le jardinier avisé s’adaptera et ne cultivera alors que les plantes adaptées au climat local.

Une solution moins drastique consiste à n’arroser que quelques plantes qui en ont réellement besoin et, plus encore, à n’arroser que lorsque les plantes manquent d’eau et le montrent. Mais, alors, ilfaudra arroser franchement, en grande quantité. Cela favorise un enracinement profond, quand des apports fréquents et superficiels font que les plantes ont un enracinement faible et... superficiel.

Il y a enfin le paillis, qui pourra être fait de débris de végétaux passés au broyeur, de compost bien mûr, d’écorces de pin, de paille broyée, de noix de coco également broyées. Etalé en couche épaisse sur la terre nue, ce paillis empêche l’évaporation et garde l’humidité dans le sol.

Certaines plantes peuvent faire l’objet d’un traitement spécial : une bouteille d’eau dont le cul a été découpé, enfoncée des deux tiers, de biais, au pied d’une plante exigeante (un pied de tomate, par exemple), permet d’apporter la quantité d’eau nécessaire directement aux racines sans arroser la terre même.

-  Retrouvez cet article de Alain Lompech dans son intégralité dans les archives du MONDE.

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